12 mars 2026
La Provence connaît chaque année des vagues de chaleur qui peuvent être prolongées, accompagnées d’un ensoleillement record et d’une hygrométrie souvent basse. Plusieurs facteurs se cumulent :
Cela crée un milieu où la déshydratation est rapide, parfois insidieuse. Toute personne exerçant une activité physique, professionnelle ou sportive en extérieur y est particulièrement exposée, tout comme les plus jeunes et les plus âgés.
D’après Santé Publique France, chaque année, plusieurs centaines de passages aux urgences peuvent être directement reliés à la chaleur, avec une part non négligeable présentant des troubles musculo-squelettiques associés. Sources : Santé Publique France, Météo France, ANSES.
Le système musculo-squelettique, composé de muscles, d’os, d’articulations et de tendons, dépend étroitement d’une bonne hydratation. L’eau est essentielle : elle représente environ 75% du volume musculaire et près de 20% du poids de l’os (source : Inserm).
Avec la chaleur, la transpiration et la respiration accélérée provoquent une perte d’eau accrue, inévitable dans le contexte provençal. Une déshydratation de seulement 1% du poids corporel peut suffire à altérer la fonction musculaire (Clarkson, P.M. et Thompson, H.S., Exerc Sport Sci Rev, 1997).
La chaleur favorise les crampes musculaires, surtout lors d’activités physiques. Ce phénomène est lié à la perte de sodium et d’eau par la sueur, qui déséquilibre l’excitabilité neuromusculaire.
Avec la déshydratation, la capacité contractile des muscles baisse. Selon une étude parue dans le Journal of Athletic Training (Judelson DA et al., 2007), une déshydratation de 2 à 3% du poids corporel suffit à réduire significativement la force et l’endurance musculaires.
La perte d’eau altère la composition du tissu conjonctif : muscles, tendons et ligaments deviennent plus vulnérables. Les tendons, moins hydratés, perdent leur élasticité, ce qui accroît le risque de blessures typiques : tendinites, entorses, claquages.
Dans les phases de canicule, les cabinets d’ostéopathie et de kinésithérapie enregistrent une hausse des consultations pour lombalgies, cervicalgies ou douleurs articulaires diffuses, notamment chez les personnes exerçant en extérieur (Revue “Ostéopratique”, 2022).
L’hydratation des cartilages et du liquide synovial est absolument vitale pour la souplesse articulaire. En cas de déshydratation, la viscosité du liquide synovial augmente, ce qui entraîne :
Le climat sec du sud de la France agit comme un double facteur : il accélère la transpiration mais rend également la perception de la soif moins évidente. Les seniors, dont le capital cartilagineux est déjà fragilisé par l’âge, sont particulièrement exposés. (Source : Inserm, “Vieillissement articulaire et adaptation à la chaleur”, 2021)
Si l’impact immédiat de la chaleur porte sur les muscles et les tendons, il ne faut pas négliger l’os. Les cellules osseuses (ostéoblastes) ont besoin d’un environnement aqueux pour fonctionner et maintenir la densité minérale.
| Composant | Effet de la déshydratation | Risques associés |
|---|---|---|
| Os spongieux | Baisse des échanges métaboliques | Diminution du remodelage, fragilisation sur le long terme |
| Ostéoblastes | Moins bonne synthèse de matrice osseuse | Ostéopénie, possible accélération de l'ostéoporose |
| Cartilage | Altération de l’élasticité, moins de lubrification | Arthropathies, arthrose, douleurs chroniques |
Chez les enfants et adolescents, la période estivale devrait être surveillée de près lors des phases de croissance osseuse active.
À noter que le risque d’atteinte musculo-squelettique croît en cas de prise de médicaments diurétiques, d’affections chroniques (diabète, maladies rénales) ou d’antécédents musculaires ou articulaires.
À retenir : en Provence, le système musculo-squelettique est fortement mis à l’épreuve lors des épisodes de forte chaleur. L’hydratation régulière est un véritable “acte de soin quotidien”, au même titre qu’une bonne posture ou une activité physique adaptée.